« Les mois à venir s’annoncent difficiles » : le Grand Auch réduit ses dépenses et reporte certains projets

face à des mois difficiles, le grand auch réduit ses dépenses et reporte certains projets pour maîtriser son budget.

Le Grand Auch Cœur de Gascogne resserre ses dépenses avant la préparation du budget 2027. Les élus ont supprimé 2,358 millions d’euros de crédits d’investissement et adopté des économies de fonctionnement, avec plusieurs projets repoussés à des exercices futurs.

En bref

  • 2,358 millions d’euros de crédits d’investissement sont retirés du budget 2026 et pourraient être réinscrits plus tard.
  • La liaison douce entre Auch et Pavie, le centre social du Garros et la piscine intercommunale figurent parmi les projets concernés.
  • Les mesures de fonctionnement, dont la suppression d’une navette, devraient générer 700 000 euros d’économies sur une année complète.
  • Les élus ont retiré du règlement la possibilité de former des groupes politiques au conseil communautaire.

Grand Auch : une réduction des dépenses avant le budget 2027

La séance de rentrée du conseil d’agglomération, jeudi 1er octobre 2026, a donné le ton : la maîtrise budgétaire s’impose avant même le débat d’orientation consacré au prochain exercice. Le président, Jérôme Samalens, a prévenu les élus que les mois à venir demanderaient des choix difficiles, entre réorganisation des services, tarifs à revoir et investissements à hiérarchiser.

La décision modificative votée par les conseillers traduit ce changement de cap. Les crédits retirés ne signifient pas nécessairement l’abandon des opérations : ils doivent être réexaminés et pourront rejoindre un plan pluriannuel d’investissement. Pour les habitants, la différence se verra surtout dans le calendrier des travaux et des études.

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Des projets repoussés, pas tous abandonnés

Parmi les crédits décalés, un million d’euros concerne les études et travaux de la liaison douce entre Auch et Pavie. Le centre social du Garros voit 352 000 euros reportés, tandis que 300 000 euros destinés à l’étude de la rénovation de la piscine intercommunale sont remis à plus tard. Une enveloppe de 50 000 euros liée aux études de la future zone d’activité de Naréoux est elle aussi décalable.

Ce choix révèle une tension familière aux collectivités locales : limiter les sorties d’argent à court terme sans renoncer aux équipements utiles dans la durée. Une piste cyclable peut améliorer les déplacements quotidiens, tandis qu’une piscine ou un centre social répond à des besoins de proximité. Le défi consiste à comparer ces bénéfices avec les moyens disponibles et les échéances de paiement.

Opération concernée Crédit reporté Effet attendu
Liaison douce Auch-Pavie 1 000 000 € Études et travaux décalés
Centre social du Garros 352 000 € Travaux repoussés
Piscine intercommunale 300 000 € Étude de rénovation reportée
Zone d’activité de Naréoux 50 000 € Études décalées dans le temps

Fonctionnement : des économies qui touchent les services et les tarifs

L’effort ne porte pas uniquement sur les chantiers. Le Grand Auch prévoit de supprimer une navette consacrée aux activités extrascolaires et de réduire de 156 000 euros sa contribution à l’office de tourisme. Les tarifs d’entrée au musée des Amériques et les adhésions à l’école de musique sont aussi concernés.

Ces décisions devraient représenter 700 000 euros d’économies sur une année pleine, selon Jean-Michel Blay, vice-président chargé des finances et de la prospective. Pour une famille, une hausse de tarif peut sembler modeste prise isolément ; additionnée à d’autres dépenses du quotidien, elle pèse davantage. La logique rappelle la gestion d’un foyer qui examine ses charges fixes et son budget pour préserver les postes jugés les plus utiles.

Des finances publiques sous pression

Plusieurs élus ont reconnu la nécessité d’agir, tout en alertant sur le déséquilibre entre recettes et dépenses. Michaël Aurora a mis en avant la hausse des missions assumées par la collectivité dans un contexte de retrait de l’État. Selon lui, réduire les coûts dans l’urgence ne suffit pas : il faut construire une trajectoire budgétaire lisible.

Cette question dépasse le seul budget municipal d’une commune. À l’échelle intercommunale, les arbitrages portent sur des services partagés, des équipements et des investissements dont les retombées concernent plusieurs villes. La conjoncture économique et les ressources disponibles pèseront donc sur les priorités d’investissement ; une autre collectivité, à Rodez, a fait le choix de privilégier les projets plutôt que les dépenses de fonctionnement, selon cette orientation budgétaire. Le même arbitrage ne produit pas les mêmes effets partout.

Un conseil communautaire sans groupes politiques

Le président a aussi appelé les communes à agir de manière solidaire, plutôt qu’à se replier sur leurs seuls intérêts locaux. Dans une période de ressources contraintes, la coopération peut aider à défendre les services communs, même lorsque les élus ne partagent pas les mêmes sensibilités.

Le conseil a débattu de la possibilité de constituer des groupes politiques, prévue par le règlement intérieur. Plusieurs maires ont défendu une assemblée qui privilégie le débat collectif ; Michaël Aurora a rappelé qu’une représentation communautaire pouvait faire place aux sensibilités politiques. Le retrait de cette possibilité a finalement été adopté, avec trois voix contre et deux abstentions.

La suite se jouera dans la programmation

Le vote marque le début d’un travail plus large : déterminer quels projets seront maintenus, lesquels seront décalés et à quel rythme ils pourront revenir dans les budgets futurs. Pour les habitants, l’enjeu sera de suivre non seulement les économies annoncées, mais aussi les échéances révisées et les services effectivement préservés.

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