En bref
- La Diaspora tunisienne est mobilisée pour transformer les transferts de fonds en investissements territoriaux et en développement durable.
- La tournée régionale de l’Office des Tunisiens à l’étranger en 2026 met en avant la mobilisation des ressources et les réseaux internationaux comme moteurs d’un passage d’une économie de transferts à une économie productive.
- Les initiatives s’appuient sur une réorganisation territoriale en districts, avec des projets « prêts à investir » et une inclusion financière renforcée.
- Les partenaires — notamment la GIZ via le projet IFSE et le BMZ, cofinancés par l’UE — soutiennent l’accès au financement et les compétences à l’étranger au service du développement local.

Diaspora tunisienne et transferts de fonds: vers des investissements territoriaux durables
Entre juillet et août 2026, l’Office des Tunisiens à l’étranger (OTE) a mené des rencontres régionales à Tataouine, Tunis, Bizerte et Kairouan pour mobiliser les talents, les réseaux internationaux et l’énergie entrepreneuriale. L’objectif est clair: orienter les flux vers des investissements qui renforcent les capacités locales et les chaînes de valeur, plutôt que de rester dans une logique purement monétaire.
La vision repose sur une répartition plus intelligente des ressources et une meilleure coordination entre districts, afin que chacun puisse tirer parti de ses atouts. Le message est porteur: la diaspora n’est pas un simple élan affectif, mais un levier stratégique pour le développement local et le retour d’investissement.
Au cœur de cette démarche figure la transformation des transferts de fonds en projets d’infrastructures, de formation et de numérique. L’initiative est soutenue par le projet IFSE de la GIZ, en collaboration avec l’Union européenne et le BMZ. L’objectif: articuler les besoins territoriaux avec les compétences installées à l’étranger.
Tataouine : le sud profond, laboratoire de solutions
Premier rendez-vous, le 23 juillet, a mis en évidence un territoire riche en ressources naturelles, énergie solaire et tourisme saharien, mais confronté à des obstacles structurels: infrastructures insuffisantes, logistique coûteuse et foncier complexe. Les échanges ont souligné la nécessité de zones logistiques dédiées, de procédures simplifiées et d’une meilleure coordination entre acteurs publics et privés. La diaspora originaire peut jouer un rôle déterminant pour transformer ces freins en opportunités concrètes.
Un modèle potentiel: transformer Tataouine en pôle d’investissement grâce à des projets prêts à financer et à des partenariats publics-privés orientés vers l’énergie et le tourisme durable.
- Investissements dans des zones logistiques pour fluidifier les échanges régionaux.
- Projets pilotes dans l’énergie solaire et les services touristiques responsables.
Grand Tunis : le cœur économique, entre innovation et complexité
Le Grand Tunis, avec près de 4 millions d’habitants et une concentration élevée d’universités et d’entreprises, est le principal moteur économique. Les discussions ont porté sur l’économie numérique, l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables et la valorisation des compétences détenues par la diaspora.
La priorité consiste à simplifier les procédures, accélérer la digitalisation des services et réduire les écarts entre les six gouvernorats qui le composent. Faciliter l’accès à l’information et aux financements permettrait de transformer le potentiel théorique en opportunités concrètes pour les Tunisiens à l’étranger.
La diaspora hautement qualifiée peut accélérer la transition vers une économie de la connaissance, en particulier dans les projets IA et data-driven, tout en soutenant des filières locales à forte valeur ajoutée.
Le renforcement de la confiance administrative et la réduction des coûts de transaction sont des leviers simples mais efficaces pour stimuler l’investissement direct et le financement participatif.
Bizerte : le Nord stratégique, entre mer, agriculture et frontières
Port stratégique et hinterland agricole forment une base favorable au développement de l’économie bleue et des chaînes de valeur agricoles. Les échanges ont mis l’accent sur la cartographie des opportunités et sur la nécessité de renforcer la gouvernance territoriale pour coordonner les projets transfrontaliers et portuaires.
La diaspora, notamment celle résidant en Europe, peut aider à moderniser les filières agricoles et à développer l’économie bleue, tout en renforçant les liens économiques avec les marchés voisins, notamment algériens et européens.
Les participants insistent sur l’importance de projets structurants et de mécanismes de financement qui réduisent les délais de mise en œuvre et améliorent la transparence des procédures.
Kairouan : la clôture nationale, entre projets prêts à investir et inclusion financière
Le dernier rendez-vous, le 6 août, a réuni le Centre et ses six gouvernorats pour converger vers une offre de projets « prêts à investir ». Les discussions ont porté sur les chaînes de valeur, le transfert de technologies et l’inclusion financière, avec une attention particulière portée au transfert de compétences et à l’entrepreneuriat des jeunes.
Issam Lahmar a rappelé l’engagement de l’État à transformer les recommandations en actions concrètes: numérisation des services, protection des droits des Tunisiens à l’étranger et soutien aux initiatives entrepreneuriales portées par la diaspora.
La dynamique locale prend forme: des projets structurants, comme une ville médicale ou un port en eaux profondes à Enfidha, promettent d’élargir les possibilités d’investissement et de créer des retours mesurables pour les territoires.
| District | Opportunités clés | Défis | Ressources mobilisées |
|---|---|---|---|
| Tataouine | énergie solaire, logistique, tourisme | infrastructures, foncier, attractivité | diaspora locale, partenariats public-privé |
| Grand Tunis | économie numérique, IA, services | bureaucratie, disparités intergouvernorats | universités, pôles tech |
| Bizerte | économie bleue, agriculture | environnement, portuaire | réseaux européens, financement |
| Centre (Kairouan) | port, ville médicale, chaînes de valeur | transfert technologique, inclusion financière | réseaux diaspora, EDMEJ |
Dans l’ensemble, une logique de complémentarité entre districts se dessine: le Sud peut devenir un pôle énergétique et logistique, le Grand Tunis un hub d’innovation et de services, le Nord un pôle d’économie bleue et de filières agricoles, et le Centre un socle industriel et logistique. Cette approche vise une justice territoriale et un équilibre durable pour 2026 et au-delà.



