En bref :
- Le secteur de la défense est en plein essor, soutenu par des budgets croissants et une demande accrue d’ISR.
- La rentabilité peut coexister avec une démarche de responsabilité et d’éthique lorsque la diligence raisonnable est adaptée au secteur.
- Des cadres comme le modèle GRETA accompagnent l’évaluation des risques humains et les améliorations de procédure.
- Des ressources et des études montrent comment articuler finance durable et défense sans exclure l’innovation ni les droits fondamentaux.
- Pour aller plus loin, des recommandations et visions 2026 existent afin d’orienter les choix d’investissement responsable.

Investissement et défense aujourd’hui : un cadre pour rentabilité et responsabilité
Le contexte géopolitique pousse les actifs liés à la défense à occuper une place croissante dans les portefeuilles. Le niveau global des conflits atteint des sommets depuis la Seconde Guerre mondiale, et les dépenses militaires s’élèvent à environ 2,5% du PIB mondial, avec plus de la moitié provenant des États membres de l’OTAN. Par ailleurs, les pays alliés se sont engagés à porter ces dépenses à 5% du PIB. En Europe, les budgets dédiés au secteur ont connu une hausse d’environ 60% entre 2020 et 2025, témoignant d’un important élan industriel et technologique. L’indice S&P Aerospace & Defense a enregistré une progression remarquable, près de 142%, depuis l’invasion de l’Ukraine fin 2022.
Pour les gérants, cet élan s’accompagne d’un intérêt croissant pour l’investissement dans la défense. Néanmoins, les entreprises restent soumises à des exigences élevées en matière d’éthique et de droits humains. Le commerce des armes est fortement encadré, mais l’obligation de diligence raisonnable demeure primordiale. Dans ce contexte, les données ESG publiées par des fournisseurs traditionnels peuvent manquer de granularité sur les questions RH et droits humains, poussant certains acteurs à développer leurs propres analyses.
Pour bâtir une méthodologie adaptée, une grande présence européenne a examiné trente grandes entreprises de défense et s’est appuyée sur les Principes directeurs des Nations unies et les lignes directrices de l’OCDE en matière de droits humains. L’objectif partagé: passer d’un simple examen des risques à une évaluation continue de la capacité des industriels à les identifier, les prévenir et les atténuer. GRETA, le système de notation ESG développé, intègre désormais un critère renforcé d’impact sociétal des produits et services, ce qui peut influencer l’éligibilité des titres dans les portefeuilles ISR.
- Établir une diligence sur les droits humains adaptée au secteur et vérifier les politiques RH des entreprises.
- Évaluer la transparence des chaînes d’approvisionnement et la publication de diligences préalables à certains contrats sensibles.
- Prendre en compte l’impact social et l’éthique dans les choix d’investissement.
- Utiliser des portefeuilles ISR et des engagements actionnarials pour inciter les industriels à progresser.
- Élargir la réflexion vers les technologies sensibles, comme l’IA, avec un cadre de régulation et de responsabilité.
Pour ceux qui s’interrogent sur l’équilibre entre rentabilité et droits humains, des ressources comme notre vision 2026 de l’investissement responsable et des analyses sur le rôle des acteurs sociétaux dans l’investissement offrent des repères utiles. À lire aussi, l’influence des femmes dans l’investissement à impact, qui rappelle que le genre peut influencer les choix et les résultats des portefeuilles.
Les guides publics et professionnels soulignent qu’investir dans la défense nécessite une approche nuancée. Le risque n’est pas nul, mais une évaluation qualitative des dispositifs de prévention et de conformité peut améliorer la capacité à soutenir l’industrie sans sacrifier les valeurs éthiques.
Comment concilier rentabilité et responsabilité dans le secteur
Face à la réalité des risques inhérents au secteur, l’objectif consiste à privilégier des instruments qui offrent une exposition raisonnée tout en renforçant les mécanismes de contrôle et de transparence. L’adoption d’un cadre ESG spécifique au domaine, et l’élaboration de KPI clairs sur les droits humains et l’impact sociétal, permettent d’éviter les écueils et d’orienter les investissements vers des acteurs qui démontrent une démarche proactive. Des progrès existent, mais l’hétérogénéité demeure: certaines entreprises publient des critères d’évaluation contractuelle et des rapports de diligence, d’autres restent moins explicites. Le vrai enjeu est donc la qualité des dispositifs préventifs, et non l’absence de controverses.
| Aspect | Exemple dans le secteur | Niveau de risque | Approche de mitigation |
|---|---|---|---|
| Diligence sur les droits humains | Politiques RH documentées | Modéré | Contrôles indépendants et reporting régulier |
| Transparence des contrats sensibles | Publication des critères d’évaluation | Élevé | Engagement actionnarial et clauses contractuelles |
| Impact produit et société | Évaluations d’impact social | Modéré | Indices ISR spécifiques au secteur |
| IA militaire et contrôle humain | Régulation et cadres éthiques | Élevé | Participation à des groupements d’experts et normes communes |
Pour aller plus loin, les ressources dédiées à l’investissement responsable proposent des conseils pratiques sur la manière de réaliser un investissement qui offre un rendement raisonnable tout en poursuivant des objectifs sociétaux, voir des conseils pratiques pour un rendement mesuré.



