Investissements : le Qatar part à la conquête des entreprises de la Côte d’Azur

le qatar renforce sa présence sur la côte d’azur et cible les entreprises locales pour développer ses investissements.

Investissements : le Qatar part à la conquête des entreprises de la Côte d’Azur

Au Carlton de Cannes, une délégation qatarie a rencontré entreprises, investisseurs et acteurs publics de Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’objectif : faire émerger des partenariats commerciaux dans des secteurs allant du numérique à l’hôtellerie, avec une question en toile de fond : comment transformer les prises de contact en projets durables ?

En bref

  • Une rencontre organisée par Qadran a rapproché la délégation du Qatar des acteurs économiques de la région.
  • La Côte d’Azur met en avant ses compétences en technologies, tourisme, industrie, santé et transition énergétique.
  • Les entreprises locales visent des débouchés et des financements, tout en restant attentives aux enjeux de gouvernance et de souveraineté.

Qatar et Côte d’Azur : une rencontre pour ouvrir des marchés

À Cannes, au Carlton, une délégation économique qatarie conduite par Sheikh Khalifa bin Jassim Al Thani, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Qatar, a échangé avec des responsables régionaux, des investisseurs et des entreprises. Amadeus, SAP Labs, le Medef 06 et des représentants de la recherche figuraient parmi les participants. Après une étape à Monaco, le cercle franco-qatari Qadran organisait cette rencontre pour favoriser les mises en relation.

Avant de négocier, les partenaires doivent comprendre les compétences et les besoins de chacun. RisingSUD a ainsi présenté la diversité des filières régionales. Pour une société azuréenne, ces échanges peuvent ouvrir l’accès à un réseau international ; pour Doha, ils offrent un aperçu concret de savoir-faire à associer à ses projets de diversification.

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Les filières régionales qui attirent les investissements du Qatar

La région ne mise pas sur une seule spécialité. Sophia Antipolis concentre des entreprises du numérique, de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité ; Marseille-Fos s’appuie sur la logistique, les activités maritimes et la transformation industrielle. À Toulon, les compétences en défense et technologies navales complètent ce paysage.

Le tourisme, l’hôtellerie haut de gamme et l’immobilier de prestige restent des secteurs visibles, mais les pistes de coopération s’étendent à la santé, la microélectronique, la parfumerie, aux industries créatives et à l’économie bleue. La décarbonation industrielle, l’hydrogène et le traitement de l’eau peuvent aussi rapprocher l’expertise régionale des priorités qataries.

Filière régionale Exemple de coopération possible
Numérique et IA Cybersécurité, logiciels et services aux administrations
Mer et logistique Technologies portuaires, transport et drones de surface
Énergie et eau Décarbonation, hydrogène et traitement des ressources
Tourisme et immobilier Hôtellerie, services et gestion de sites haut de gamme

Cette complémentarité s’inscrit dans un cadre national plus large : lors de la visite de l’émir Tamim ben Hamad Al Thani à Paris, en février 2024, le Qatar a annoncé une ambition d’investir 10 milliards d’euros en France d’ici 2030. Pour la Région Sud, l’enjeu est de capter une part de ces capitaux étrangers au bénéfice du développement économique local.

Des acquisitions aux partenariats commerciaux durables

La présence qatarie dans l’hôtellerie azuréenne n’est pas nouvelle : le Carlton a été acquis en 2012, et le Maybourne Riviera, à Roquebrune-Cap-Martin, illustre l’intérêt pour l’hospitalité de luxe. Mais la stratégie recherchée ne se limite pas aux acquisitions. Les échanges évoquent aussi des coentreprises, des transferts de compétences et un accès réciproque aux marchés.

Le Qatar cherche à diversifier son économie vers les technologies, la logistique, les services financiers, la santé et le tourisme. Des conditions d’accueil des investisseurs, comme les zones franches et un taux d’impôt sur les sociétés de 10 %, participent à cette démarche. Pour une PME française, réussir suppose néanmoins de comprendre les pratiques contractuelles locales et de s’appuyer sur des relais fiables.

Les entreprises azuréennes entre débouchés et vigilance

Helen Kushakovska, à la tête de SAP Labs France à Sophia Antipolis, voit des intérêts communs dans l’IA et la cybersécurité. SAP accompagne déjà la transformation numérique d’organismes publics qataris ; des liens entre Sophia Antipolis et le parc scientifique et technologique du Qatar pourraient élargir ces travaux.

Élodie Bondi, dirigeante de Qualisteo et présidente de la French Tech Côte d’Azur, connaît les marchés du pétrole et du gaz au Moyen-Orient. Son conseil aux jeunes pousses est pragmatique : trouver un partenaire local ou s’appuyer sur une entreprise française implantée sur place, car les méthodes de négociation et les contrats diffèrent.

Pour une startup toulonnaise comme Astrea Marine, qui conçoit des drones de surface autonomes, des fonds souverains pourraient accélérer le développement d’une solution maritime à faible empreinte carbone. Cédric Messina, entrepreneur niçois et élu à la CCI Nice Côte d’Azur, souligne lui aussi la force de frappe financière de ces investisseurs, tout en posant la question de la souveraineté quand une société ouvre son capital.

De la séduction économique aux projets concrets

Une rencontre d’affaires crée une occasion, pas un résultat garanti. Pour mesurer ses effets, il faudra suivre les contrats signés, les financements obtenus et les emplois créés dans la région. Une entreprise qui reçoit un apport de capitaux devra aussi définir clairement la gouvernance, la durée de l’engagement et le partage des décisions.

Le dialogue direct et la confiance, mis en avant par les représentants qataris, prennent ici une dimension très pratique : ils permettent de vérifier les attentes avant de s’engager. Le véritable indicateur du rapprochement entre le Qatar et la Côte d’Azur sera donc la naissance de collaborations équilibrées, capables de s’inscrire dans la durée.

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