En bref : au salon Batimat, Gabriel Attal, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont défendu trois réponses différentes à la crise du logement. Normes de construction, rénovation énergétique et financements publics cristallisent le débat, tandis que les professionnels alertent sur les entreprises et les emplois menacés.
- Marine Le Pen propose d’alléger certaines règles, dont le ZAN, et de remplacer MaPrimeRénov’ par un prêt.
- Gabriel Attal défend la simplification des procédures et une programmation des aides à la rénovation sur cinq ans.
- Jean-Luc Mélenchon avance un objectif de 400 000 logements construits et 700 000 rénovés chaque année.
Crise du logement : le bâtiment réclame des décisions lisibles
Au salon Batimat, à Paris, les représentants de la Fédération française du bâtiment (FFB) et de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) ont décrit un secteur sous pression. La construction neuve traverse une crise qui dure depuis plus de trois ans, tandis que les chantiers de rénovation énergétique peinent à prendre de l’ampleur.
La FFB prévoit, pour 2026, jusqu’à 12 000 défaillances d’entreprises et 20 000 emplois perdus. Derrière ces projections, il y a des artisans qui repoussent un recrutement, des sous-traitants moins sollicités et des ménages qui attendent plus longtemps avant de trouver un logement abordable. Les fédérations ont donc interrogé trois responsables politiques sur les moyens de relancer l’activité.
Normes de construction : trois orientations politiques
Marine Le Pen mise sur l’allègement des contraintes
Marine Le Pen a présenté la simplification des normes comme un levier pour faciliter les chantiers. Elle souhaite revoir l’application du Zéro artificialisation nette, ou ZAN, et mettre fin aux restrictions de location qui concernent les logements les plus énergivores. Sur la rénovation, elle propose de remplacer les subventions de MaPrimeRénov’ par un dispositif de prêt.
Ce choix déplace une partie de l’effort vers les propriétaires : un crédit peut financer des travaux, mais il doit être remboursé. Pour un bailleur qui hésite entre isoler un appartement ou le vendre, le coût, les conditions du prêt et la valeur future du bien pèseront dans la décision. Le débat porte donc autant sur les règles que sur la capacité à financer les travaux.
Gabriel Attal veut simplifier et stabiliser les aides
Gabriel Attal a défendu des mesures qu’il souhaitait porter lorsqu’il était Premier ministre, avant que la dissolution ne mette en suspens un projet de loi sur le logement. Il propose de simplifier le ZAN, de faciliter la construction et d’intégrer les logements intermédiaires dans les quotas communaux de logements sociaux.
Il place aussi la rénovation énergétique parmi ses priorités, avec une loi de programmation destinée à donner cinq ans de visibilité sur les aides. Pour un ménage qui prévoit de remplacer ses fenêtres ou d’isoler ses combles, la stabilité des dispositifs permet de bâtir un budget sans craindre un changement de règles en cours de route. Des projets locaux, comme la création de 80 logements près de Nantes dans d’anciens ateliers municipaux, illustrent la manière dont le foncier disponible peut contribuer à l’offre.
Investissement immobilier : le plan de Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon a présenté un plan d’investissement consacré au BTP et au logement. Il vise la construction de 400 000 logements par an, dont la moitié serait sociale, ainsi que la rénovation de 700 000 logements. Le financement annoncé comprend 12 milliards d’euros supplémentaires de dépenses de l’État et plus de 35 milliards provenant surtout d’un pôle public bancaire inspiré de la Caisse des dépôts.
Ces objectifs donnent une mesure de l’effort envisagé, mais leur réalisation dépendrait de la capacité des entreprises à recruter, de la disponibilité des terrains et du rythme des autorisations. Le fonctionnement du logement social, entre financement, attribution et gestion, éclaire une partie de ces enjeux. Pour les ménages, le résultat se jugera sur des faits simples : des logements livrés, des loyers accessibles et des délais d’attente qui diminuent.
Trois propositions, des effets différents sur le marché
Les annonces n’agissent pas toutes au même endroit. Assouplir les règles peut accélérer certains projets, tandis qu’une aide stable peut encourager les propriétaires à lancer des travaux. Un financement public plus large vise, lui, à accroître l’offre et la rénovation à l’échelle nationale.
| Responsable politique | Mesure mise en avant | Effet recherché |
|---|---|---|
| Marine Le Pen | Allègement de règles et prêt pour les travaux | Faciliter la construction et la rénovation |
| Gabriel Attal | Simplification et aides programmées sur cinq ans | Donner de la visibilité aux acteurs |
| Jean-Luc Mélenchon | Plan de construction et financement public | Accroître l’offre sociale et rénover le parc |
Pour un investisseur immobilier comme pour une famille en recherche, la politique du logement se traduit par des choix concrets : bâtir, rénover, louer ou attendre. Les propositions devront aussi répondre aux tensions entre densification et cadre de vie, parfois visibles dans les débats locaux autour des arbres ou des espaces libres. La relance ne se mesurera pas seulement au nombre de normes supprimées, mais à la capacité de transformer les annonces en logements accessibles.
Les fédérations du bâtiment attendent désormais des calendriers et des financements assez prévisibles pour maintenir les équipes et engager les chantiers. C’est à cette condition que les orientations présentées à Batimat pourront modifier le quotidien des ménages.



