Investissement responsable : les moins de 35 ans veulent donner du sens à leur épargne
En bref : les jeunes épargnants accordent davantage de place aux critères environnementaux et sociaux que leurs aînés, mais cette sensibilité se traduit encore peu dans les portefeuilles. Méconnaissance des fonds, labels peu identifiés et offres rarement présentées par les banques freinent le passage à l’action.
- 68 % des 18-24 ans tiennent compte des conséquences sociales et environnementales de leurs placements, contre 52 % des Français en moyenne.
- 14 % des épargnants ont déjà investi dans un fonds responsable, une part stable par rapport à 2025.
- Lorsqu’un conseiller leur présente un produit responsable, 62 % des épargnants concernés franchissent le pas.
Les résultats proviennent de la neuvième édition du baromètre du Forum pour l’investissement responsable, publiée le 23 septembre 2026. Le sondage a été réalisé par l’Ifop auprès de 1 002 personnes représentatives de la population française adulte.
Les jeunes investisseurs placent l’impact au cœur de leurs choix
Pour les moins de 35 ans, la question ne se limite pas au rendement attendu. Une part élevée des jeunes souhaite savoir ce que son argent soutient : entreprises, activités ou projets liés à la transition écologique. Chez les 18-24 ans, 68 % déclarent prendre en considération l’impact social et l’impact environnemental de leurs placements. Le chiffre atteint 65 % chez les 25-34 ans.
La sensibilité baisse avec l’âge : elle concerne 53 % des 35-49 ans et 40 % des personnes de 65 ans et plus. Ce contraste ne signifie pas que tous les jeunes choisissent des placements éthiques, mais leurs décisions témoignent d’une attente plus nette envers la finance durable.

Une confiance plus forte dans le pouvoir de l’épargne
Près de deux jeunes de 18 à 24 ans sur trois, soit 65 %, estiment que leurs placements peuvent produire un effet positif réel pour l’environnement et la société. À l’échelle de la population, 47 % partagent cette conviction. Cette confiance peut encourager une épargne engagée, à condition que les produits proposés soient compréhensibles et que leurs résultats soient crédibles.
Le baromètre relève aussi une intention concrète : parmi les jeunes auxquels aucun placement responsable n’a été présenté, 44 % des 18-24 ans et 39 % des 25-34 ans se disent prêts à investir. La demande existe donc avant même la rencontre avec un conseiller.
Des placements responsables encore peu présents dans les portefeuilles
L’intérêt déclaré ne se reflète pas encore dans les souscriptions. Seuls 14 % des épargnants ont déjà investi dans un fonds responsable, une proportion inchangée depuis 2025. Le taux grimpe à 21 % chez les personnes détenant d’autres produits que des livrets, contre 18 % l’année précédente : le contact avec des placements financiers plus diversifiés semble ouvrir une porte.
Le manque de repères pèse dans la décision. Seuls 17 % des épargnants disent savoir ce que recouvre l’investissement responsable. Les labels censés guider le public restent peu connus : 22 % des personnes interrogées en ont entendu parler, et seules 3 % citent spontanément le label ISR.
Des chiffres qui aident à mesurer l’écart
| Indicateur du baromètre | Résultat | Ce qu’il indique |
|---|---|---|
| Jeunes de 18-24 ans sensibles aux effets sociaux et environnementaux | 68 % | Une attente marquée chez les plus jeunes |
| Épargnants ayant déjà choisi un fonds responsable | 14 % | Un passage à l’acte encore limité |
| Épargnants à qui la banque a présenté une offre durable | 16 % | Une visibilité réduite dans le parcours bancaire |
| Clients ayant investi après une proposition | 62 % | Le conseil peut déclencher la décision |
Le choix d’un fonds ne se résume pas à son nom ou à une promesse écologique. Comparer ses critères ESG, ses frais, les entreprises financées et les documents de suivi permet de mieux comprendre ce que recouvre réellement l’offre. Pour replacer ces questions dans le paysage financier actuel, cette analyse de l’investissement responsable en 2026 apporte un éclairage complémentaire.
Le rôle des banques et les doutes sur l’efficacité des fonds
Seuls 16 % des épargnants disent que leur banque ou leur conseiller leur a déjà présenté un investissement durable. Pourtant, lorsqu’une proposition est formulée, 62 % des personnes concernées investissent. Un rendez-vous consacré à l’épargne peut donc changer la donne : une explication claire du risque, de l’horizon de placement et des objectifs du fonds vaut mieux qu’une brochure laissée de côté.
Reste la question des résultats. Si 47 % des Français pensent que leur argent peut agir positivement, 35 % seulement jugent l’effet des fonds responsables positif. Une majorité, soit 57 %, le considère neutre. Ce doute rappelle qu’un placement labellisé ne garantit pas, à lui seul, une transformation mesurable.
Les investisseurs peuvent aussi examiner les secteurs financés et les mécanismes associés à la transition écologique, sans confondre exposition à une thématique et preuve d’impact. Le marché du carbone et ses possibilités pour les particuliers illustre cette nécessité de comprendre les règles et les risques propres à chaque solution.
Une décision à construire, pas à prendre sur une étiquette
Pour une jeune personne qui place chaque mois une somme modeste, la première étape peut être de demander à sa banque quels fonds correspondent à ses priorités, puis de lire les informations sur les actifs détenus. Quels secteurs sont exclus ? Comment l’impact est-il évalué ? Ces questions permettent de distinguer une démarche documentée d’une simple promesse.
Les données dessinent ainsi un décalage net : les moins de 35 ans sont attentifs aux conséquences de leur argent, mais l’offre reste discrète et ses bénéfices suscitent des réserves. Entre intention et investissement, la qualité de l’information demeure le trait d’union décisif.



